KONSCHT ZU LËTZEBUERG 1815-1975

lun. 11 Fev. - jeu. 21 Fev.
19h00
11 €
à 26 KM
CAPE - Centre des Arts Pluriels Ettelbruck
  • conférence

Si en histoire de l’art un récit linéaire focalisé sur les concepts de progrès et de subversion portés par des mouvements d’avant-garde concentrés dans quelques capitales occidentales a longtemps été le discours dominant, des recherches récentes s’intéressent maintenant de plus en plus à l’art des zones périphériques. L’exposé analysera les conditions de création de l’art au Luxembourg dans le contexte politique et culturel des XIXe et XXe siècles et ses rapports avec les principaux courants artistiques dans les pays voisins.

La création du Grand-Duché de Luxembourg au début du XIXe siècle n’engendre pas une activité artistique intense. La capitale est une forteresse militaire au milieu d’un territoire rural peu propice au développement des arts et les mécènes font cruellement défaut. De même, jusqu’à la fin des années 1870, les photographes n’exercent leur métier que dans une poignée d’ateliers installés en ville. Les portraits, les paysages et les compositions historiques de cette époque reflètent la lente émergence d’une conscience nationale au sein d’un État souverain voulu par les grandes puissances européennes.

À partir des années 1890, quand le sentiment d’appartenance nationale s’intensifie, la vie artistique s’organise : le Cercle Artistique est fondé en 1893, les photographes amateurs se regroupent l’année suivante, l’École d’Artisans créée en 1896 favorise l’apprentissage du dessin. Au tournant du siècle, les époux Mayrisch commencent à constituer la première collection d’art moderne. Quelques peintres et sculpteurs sont attirés par des courants d’art nouveaux, mais restent à l’écart des avant-gardes artistiques. Les plus intransigeants opteront dès 1915 pour des expositions de groupe en dehors des manifestations officielles et formeront en 1926 une Sécession sur le modèle des mouvements sécessionnistes européens.

Après la mise au pas des écrivains et des artistes pendant l’occupation allemande, l’art moderne s’empare du devant de la scène au lendemain de la guerre. Les Musées de l’État, inaugurées en 1945, organisent des expositions artistiques dans le but de familiariser le public avec la peinture et la sculpture contemporaines. Le gouvernement prend en charge la participation des artistes luxembourgeois aux expositions internationales auxquelles le pays est alors invité régulièrement. La plupart des artistes s’inspirent des œuvres de l’École de Paris d’après-guerre dont l’influence prédomine jusqu’au milieu des années 1960. En 1954, les Iconomaques regroupent tous ceux qui optent pour l’art abstrait, considéré comme l’aboutissement d’une révolution esthétique mise en route avec l’impressionnisme. Dans le domaine de la photographie, les clichés du reporter-photographe deviennent des témoins incontournables de la société luxembourgeoise de l’après-guerre. Dès 1952, artistes, écrivains et compositeurs s’organisent au sein de la Chambre syndicale des Arts et des Lettres afin de défendre leurs intérêts matériels et moraux.

À la fin des années 1960, de jeunes écrivains et artistes, entraînés dans le sillage de la révolte contestatrice de mai 68, quittent les sentiers battus en organisant des expositions et des lectures publiques dans des lieux nouveaux et souvent insolites. La photographie d’art indépendante, présente à ces manifestations, est désormais reconnue en tant que forme d’expression artistique. Vers le milieu des années 1970, une nouvelle génération d’artistes, née après la guerre, prend le relais : les instances culturelles officielles sont en retrait, tandis que l’influence des galeries d’art s’accroît grâce à un marché de l’art florissant. Cette situation perdure jusqu’à l’ouverture du Casino-Forum d’art contemporain en 1996 et du Musée d’art moderne Grand-Duc Jean en 2006.


Bon à savoir

(avec traduction simultanée en FR sur demande préalable, au plus tard 3 jours avant la conférence)


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9011 Luxembourg 1 Place Marie-Adélaïde, 9011 Ettelbruck, Luxembourg

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  • 2019-02-11 19:00:00 2019-02-21 20:00:00 Europe/Paris KONSCHT ZU LËTZEBUERG 1815-1975 Si en histoire de l’art un récit linéaire focalisé sur les concepts de progrès et de subversion portés par des mouvements d’avant-garde concentrés dans quelques capitales occidentales a longtemps été le discours dominant, des recherches récentes s’intéressent maintenant de plus en plus à l’art des zones périphériques. L’exposé analysera les conditions de création de l’art au Luxembourg dans le contexte politique et culturel des XIXe et XXe siècles et ses rapports avec les principaux courants artistiques dans les pays voisins. La création du Grand-Duché de Luxembourg au début du XIXe siècle n’engendre pas une activité artistique intense. La capitale est une forteresse militaire au milieu d’un territoire rural peu propice au développement des arts et les mécènes font cruellement défaut. De même, jusqu’à la fin des années 1870, les photographes n’exercent leur métier que dans une poignée d’ateliers installés en ville. Les portraits, les paysages et les compositions historiques de cette époque reflètent la lente émergence d’une conscience nationale au sein d’un État souverain voulu par les grandes puissances européennes. À partir des années 1890, quand le sentiment d’appartenance nationale s’intensifie, la vie artistique s’organise : le Cercle Artistique est fondé en 1893, les photographes amateurs se regroupent l’année suivante, l’École d’Artisans créée en 1896 favorise l’apprentissage du dessin. Au tournant du siècle, les époux Mayrisch commencent à constituer la première collection d’art moderne. Quelques peintres et sculpteurs sont attirés par des courants d’art nouveaux, mais restent à l’écart des avant-gardes artistiques. Les plus intransigeants opteront dès 1915 pour des expositions de groupe en dehors des manifestations officielles et formeront en 1926 une Sécession sur le modèle des mouvements sécessionnistes européens. Après la mise au pas des écrivains et des artistes pendant l’occupation allemande, l’art moderne s’empare du devant de la scène au lendemain de la guerre. Les Musées de l’État, inaugurées en 1945, organisent des expositions artistiques dans le but de familiariser le public avec la peinture et la sculpture contemporaines. Le gouvernement prend en charge la participation des artistes luxembourgeois aux expositions internationales auxquelles le pays est alors invité régulièrement. La plupart des artistes s’inspirent des œuvres de l’École de Paris d’après-guerre dont l’influence prédomine jusqu’au milieu des années 1960. En 1954, les Iconomaques regroupent tous ceux qui optent pour l’art abstrait, considéré comme l’aboutissement d’une révolution esthétique mise en route avec l’impressionnisme. Dans le domaine de la photographie, les clichés du reporter-photographe deviennent des témoins incontournables de la société luxembourgeoise de l’après-guerre. Dès 1952, artistes, écrivains et compositeurs s’organisent au sein de la Chambre syndicale des Arts et des Lettres afin de défendre leurs intérêts matériels et moraux. À la fin des années 1960, de jeunes écrivains et artistes, entraînés dans le sillage de la révolte contestatrice de mai 68, quittent les sentiers battus en organisant des expositions et des lectures publiques dans des lieux nouveaux et souvent insolites. La photographie d’art indépendante, présente à ces manifestations, est désormais reconnue en tant que forme d’expression artistique. Vers le milieu des années 1970, une nouvelle génération d’artistes, née après la guerre, prend le relais : les instances culturelles officielles sont en retrait, tandis que l’influence des galeries d’art s’accroît grâce à un marché de l’art florissant. Cette situation perdure jusqu’à l’ouverture du Casino-Forum d’art contemporain en 1996 et du Musée d’art moderne Grand-Duc Jean en 2006. 1 Place Marie-Adélaïde, 9011 Ettelbruck, Luxembourg CAPE - Centre des Arts Pluriels Ettelbruck
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