Koulounisation
- théâtre
- conférence
- spectacle
Comment dit-on « colonisation » en arabe ? Lorsqu’il pose la question, Salim Djaferi reçoit une réponse inattendue, un mot hybride, entre français et arabe : Koulounisation. À Alger, en juillet 2018, l’artiste, né en France de parents algériens, cherche dans une librairie le rayon consacré à la guerre d’Algérie. La libraire le redirige vers le rayon « Révolution ». Pour les uns, une guerre ; pour les autres, une révolution : le même événement, deux récits que la langue tient à distance. Que disent ces écarts de l’histoire que l’on reçoit, que l’on transmet ou que l’on tait ? Partant de cette question, Salim Djaferi mène l’enquête, dans un spectacle entre théâtre et conférence. Il recueille des paroles, charge et décharge les mots d’un passé colonial qui continue de travailler les langues et les mémoires. « La colonisation, c’est comme de la visite qui s’impose trop longtemps », lui glisse-t-on un jour. Sur le plateau, l’enquête se fait matière. L’espace devient le terrain concret des questions qu’il pose – et un enjeu en soi. Avec un humour qui désamorce sans détourner, Koulounisation nous apprend à entendre ce que les mots font – à nous, et de nous. Hier comme aujourd’hui.
Organisateur
Kinneksbond, Centre Culturel Mamer

































